¡VISCA CATALUNYA LLIURE! | se laisser vivre

Encore et toujours Barcelona.
Mieux vaut fuir les attractions classiques, les cars de japonais ; des appareils bien installés sur les bedaines teutones ; les chaussettes blanches dans des sandales ; les anglais écarlates, pour juste respirer l’air poussiéreux et regarder la vie passer. Nous n’avons pas longé las Ramblas, nous n’avons pas bu de sangria sur une terrasse ou le menu est décliné en 5 langues, nous n’avons acheté aucune bière de contrebande aux  « pakis », nous n’avons pas renversé le gobelet d’un mendiant à trop regarder les vitrines.

Nous avons égrainé notre temps à marcher d’un banc à l’autre. D’un pas nonchalant et ne nous arrêtant que pour déguster un abricot ou quelques pêches de vigne avant de reprendre la route, indolents.
Plus loin, sur le parvis d’une petite église, une meringue et son époux saluent la foule. Les femmes savent manier leurs éventails avec brio, le laisser par exemple immobile sur la joue droite pour dire « oui » ou le poser contre l’oreille gauche pour dire « je désire que vous me laissiez tranquille ». Gestuelle codée qui remonte au XIXème siècle et participait à la communication sociale, surtout à la Cour. Brises et légers froissements de soie, puis les confettis et tout le tsointsoin. A l’espagnole, l’apéritif commence à 22 heures et la fête ne finira qu’à l’aube avec de gros cigares cubains.

Chaque matin, cette lumière jaune, poudreuse, enveloppe les colonnades, et les vieilles pierres, dessine le contour des feuilles assoiffées dans le Parc de la Ciutadella.

Les bars à pinchos sont inévitables. On connaît les traditionnels, les alternatifs mais dorénavant existe aussi le royaume des « tapas inventives » avec des dentelles de gazpacho qui mettent des étoiles dans les yeux. L’aura de Ferran Adrià survole des foies de lotte en sauce miso et algues ou autres dés de thon à l’eucalyptus, pousses germées et grenade.

Bien sûr il y a aussi pas mal de magasins de chaussures, les pavés aux reliefs floraux de l’Eixample, l’Art Nouveau, l’ineffable architecture de Gaudí et des mâles si beaux que j’aurais accepté d’aller en enfer contre le seul droit de leur toucher la peau. On se perd dans le charme bohême de Gracia puis on s’enivre de cava et de liqueur de pommes.

 

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